• Luk@jlai.luOPM
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      1 month ago

      Ca fait partie de sa démonstration de force. Il a agité un lien imaginaire à un gang de narcotrafic pour justifier son emploi de la force avant de finalement laisser tomber l’accusation.

      Cette affirmation qu’il n’existe aucune règle, aucune institution au-dessus de sa propre volonté est une façon d’affirmer sa prétention à la toute puissance.

      C’est symptomatique de la dérive totalitaire où le monde est dénué de toute structure. S’il était juste fasciste, considérant la religiosité de sa base, il pourrait affirmer que dieu, la bible et ce genre de choses sont sa références morale. Mais il n’en est pas là. Sa seule limite, c’est lui-même. Il n’a donc en réalité aucune limite.

      Le fait qu’il affirme qu’il ne veut de mal à personne est aussi typique de la dynamique totalitaire. Il dit des choses et démontre exactement l’inverse. Les leaders du monde non totalitaire se bercent d’illusion en pensant qu’il y a toujours des marges de négociation avec lui puisqu’il parle (parfois) comme quelqu’un de sensé, qui ne veut pas la guerre, qui ne fait que du business alors que ses actes sont parfaitement contradictoires. Sa capacité à entuber le reste du monde alimente l’admiration que ses sbires ont en lui. C’est pour ça que jouer l’apaisement est une très mauvaise idée.

  • Luk@jlai.luOPM
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    1 month ago

    Arendt, toujours et encore :

    “A l’affirmation de la propagande, selon laquelle tous les événements sont scientifiquement prévisibles selon les lois de la nature ou de l’économie, l’organisation totalitaire ajoute la position d’un homme unique qui a monopolisé cette connaissance et dont la principale qualité est qu’« il a toujours eu raison et qu’il aura toujours raison », Pour le membre d’un mouvement totalitaire, cette connaissance n’a rien à voir avec la vérité, et le fait d’avoir raison rien à voir avec la véracité objective des déclarations du Chef, qui ne peuvent être démenties par les événements, mais seulement par le succès ou l’échec futurs. Le Chef a toujours raison dans ses actes, et puisque ceux-ci sont planifiés pour les siècles à venir, le jugement ultime sur ce qu’il fait échappe à l’expérience de ses contemporains.”

    Évidemment avec Trump, il ne semble pas y avoir de projet de créer une société nouvelle qui durerait éternellement, on trouve sans doute ça chez ses soutiens transhumanistes de la broligarchie. Peut-être aussi chez les fondamentalistes chrétiens qui le portent également et qui visent une théocratie.

    Par contre je vois bien le côté échec ou succès futur. Il a prévenu que “Make America Great Again” passerait par des moments difficiles donc la situation actuelle n’est pas sensée lui être reprochée. On retrouve aussi chez Arendt, l’aspect très flou des objectifs, le changement régulier des règles, des politiques, des gens qui fait qu’au final, seul le chef est censé comprendre ce qui se passe et où il emmène le monde. Cela alimente la justification circulaire de la politique Trumpienne.

    Le chef totalitaire est un génie qui seul comprend le grand plan derrière ses actions en apparence chaotiques. Et donc affirmer son indépendance à toute autorité externe est dans cet objectif essentiel.